Guidance interactive

La guidance interactive  est une forme de thérapie brève parents-enfants. Elle se centre sur l’observation des échanges parents-enfants, afin de permettre aux parents ou adultes de référence de prendre conscience de leurs compétences et ressources et d’augmenter leur sensibilité aux signaux de l’enfant. Il s’agit d’explorer avecles différents acteurs ce qu’il se passe dans la relation et de prendre conscience des différents comportements et des réponses apportées. Elle offre un espace pour mettre en évidence les aspects positifs mais également les possibilités de changement.

Ce mode d’intervention utilise l’enregistrement vidéo et le visionnement de séquence parents-enfants autour d’un moment de jeux ou du quotidien.

L’approche théorique a été développée il y a une trentaine d’années aux USA par Susan Mc Donough pour répondre aux besoins de famille pour lesquelles les traitements classiques avaient échoué ou avaient été refusés. La guidance interactive se base principalement sur le modèle transactionnel du développement (Sameroff & Fiese, 1999) et sur la théorie systémique appliquée à la thérapie familiale (Minuchin, 1974). De manière plus implicite, elle est fortement inspirée par la théorie de l’attachement. 

Guidance parentale

La guidance a pour champ la relation parents-enfants et vise leur épanouissement mutuel. Il s’agit d’une aide apportée par des professionnels à des parents en difficulté face à des événements extérieurs, intérieurs, des crises de famille évolutives ou des difficultés éducatives.  Le rôle du professionnel est de comprendre ce qui se joue dans la relation et de chercher des causalités circulaires pour rétablir une continuité de vivre ensemble. Il s’agit de mobiliser les ressources et de développer les compétences des parents mais également de cerner de quelle manière le psychisme est engagé dans la conduite parentale et le sens de celle-ci.  

L'approche systémique et le repas

C’est dans les années 1950, aux Etats-Unis, que la thérapie familiale est apparue. Selon les observations de Don D. Jackson et Jay Haley, l’amélioration de l’état psychique d’un membre d’une famille semblait entraîner une problématique chez un autre membre de la famille. D’autres psychothérapeutes ont pu observer au contraire une amélioration en chaîne.  A partir de ces constats, une attention toute particulière s’est orientée sur les liens qui existent entre la problématique d’un individu et celle de l’ensemble de sa famille. La contribution de disciplines telles que la cybernétique et la théorie des systèmes à l’étude de la famille est d’avoir mis l’accent sur le caractère imbriqué, inextricable des relations entre divers éléments d’un groupe. Ainsi, dans une famille, les actions de l’un influent nécessairement sur celles de l’autre et réciproquement.

L’approche systémique de la famille est par essence pluridisciplinaire et se nourrit aussi bien de théorie de la communication, d’anthropologie et de sociologie. Elle considère ainsi la famille comme un système au sein duquel le changement d’un élément apporte des modifications à l’ensemble. Elle met en œuvre une perspective holistique, qui prend en compte la personne dans toute sa complexité et toutes ses relations (amis, lieu de vie, travail, etc…). Le problème est perçu comme l’expression d’un système en crise qui recherche un équilibre. l’orientation systémique se centre aussi bien sur les ressources que sur les fonctionnements pathologiques. 

L’analyse des repas dans le cadre de la systémique date de 1970. C’est Minuchin qui, le premier, a utilisé le setting d’un repas thérapeutique dans le but de traiter des dysfonctionnements liés à l’anorexie. Pour notre part, nous avons montré lors de nos travaux de recherche que ce setting peut être utile dans de nombreux autres cas et qu’il constitue une base solide pour l’évaluation et l’amélioration des relations à l’intérieur de la famille.